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Réponses aux objections

Samedi 08 Septembre 2007.

Sur le premier février 1870

question à M. Duvoy, 9 juin 2007

M. Duvoy, qui semble familier des textes du jeune Nietzsche, pourrait-il nous éclairer sur la signification qu'il convient d'attribuer aux phrases suivantes qui terminent une conférence prononcée par Nietzsche à Bâle le premier février 1870 :

« Une seule question, pour finir. Le drame musical est-il vraiment mort, et pour tous les temps ? Est-il vrai que le Germain n'a autre chose à juxtaposer à cette œuvre d'art disparue que le « grand opéra », un peu comme le singe a coutume de se présenter aux côtés d'Hercule ? Telle est la question la plus sérieuse que soulève l'art de notre époque : et celui qui, en tant que Germain, ne comprend pas le sérieux de cette question, celui-là est devenu la proie du socratisme de notre époque, incapable, sans doute, de produire des martyrs et qui ne parle pas la langue du plus sage des Hellènes, ni ne se vante de ne rien savoir, tout en ne sachant, de fait, rien du tout. Ce socratisme est la presse juive. Je ne dis pas un mot de plus. » (conférence sur « Socrate et la tragédie », Bâle, premier février 1870 ; KSA, I, p. 549 ; cf. KSA, XIV, p. 101, pour la fin de la citation supprimée dans le texte édité).

Phrases qui font l'objet du commentaire suivant sous la plume de Cosima Wagner, dans une lettre à Nietzsche du 5 février de la même année :

« J'ai encore une prière à vous adresser. Ne mentionnez pas les Juifs, et notamment pas en passant (en français dans le texte) ; plus tard, si vous voulez engager ce combat terrible, si Dieu le veut, mais pas à l'avance, de peur que tout ne devienne confusion et chaos sur votre route. » (Cosima à Nietzsche, 5 février 1870, cité in KSA, XIV, p. 101).

Précisons que, dans le manuscrit (il s'agit du cahier U, I, 1, d'après KSA, XIV, p. 100), le texte que nous citons occupe les feuillets numérotés 127 et 129 (peut-être le n° 128 correspond-il à une page blanche ou à un feuillet non écrit), l'articulation se faisant aux mots : « Celui qui en tant que Germain... » ; or, tout le passage est biffé page 127 (de la main de Nietzsche, précise-t-on, KSA, XIV, p. 101, première ligne), tandis que la page 129 est tout simplement  arrachée, peut-être entre 1927 (date de la première édition imprimée, Leipzig) et 1932 (date de l'examen du manuscrit par Hans-Joachim Mette, dont la KSA cite le rapport). L'édition imprimée (1927) porte : « presse actuelle », à la place de « presse juive », sans que l'apparat critique de la KSA dise clairement que cette correction, qui semble pourtant figurer dans le manuscrit (la variante « juive » est simplement signalée comme Vorstufe), est, ou non, de la main de Nietzsche. Néanmoins, que la leçon initiale ait été « presse juive » est attestée par la lettre de Cosima.

oyseaulx | 22 h 33 | Rubrique : Réponses aux objections | Lu 597 fois

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