le plus sçavant des oyseaulx

Archives par mois

Liens

liens

études sçavantes

Réponses aux objections

Dimanche 09 Septembre 2007.

Réponse à quelqu'un qui cite longuement divers auteurs, dont saint Thomas

et des raisons qui pourraient autoriser un musulman à mépriser le christianisme (c'est Nietzsche qui le dit, hein, bande de crétins !!)

J'avoue que j'ai du mal à saisir l'intérêt de ces longues diatribes tirées d'Aristote et de saint Thomas qui viennent en réponse à un propos initial qui paraissait, essentiellement, d'inspiration guattaréenne ou deleuzienne. Etant à peine moins incompétent sur la doctrine aristotélicienne ou thomiste de l'âme intellective que sur la conception guattaréenne des agencements désirants et n'ayant pas encore trouvé le temps de relire, à tête reposée, l'ensemble des nombreuses références proposées, je me limiterai à une observation, à vrai dire essentielle. M'étant reporté au texte latin de Summa Theologiae, Prima Pars, quaestio septuagesima quinta, articulus sextus, ad paginas quingentesimam decimam ac undecimam ex editione franquista quam in lucem edidit Biblioteca de Auctores Cristianos, declarada de interés nacional por Excmo y Rvdmo Sr Fernando Sebastian Aguilar, Arzobispo de Pamplona y Tudela, Gran Canciller de la Universidad Pontificia ecc ecc, Madrid, 1994, édition qui doit faire autorité et n'être pas suspecte de tentative de subversion doctrinale, je n'ai trouvé aucune trace, dans ce texte, de l'idée selon laquelle l'âme intellective serait, comme dit notre Commentateur, « une substance individuelle ». Tout semble même conduire à penser le contraire, puisque ce texte lie expressément les formes individuelles à la matière et au corps : l'intellect est la puissance de recevoir (recipere) des formes universelles, qui sont telles précisément parce qu'elles ne comportent pas de matière ; on pourrait donc conclure, semble-t-il, que l'âme intellective soit une forme universelle et, par conséquent, non-individuelle. On sait que telle est la pierre d'achoppement de la critique averroïste (et, sur un mode différent, de la critique alexandriste, chez Pomponazzi), aux yeux de laquelle l'intellect agent, le seul qui soit immortel, n'est pas un intellect individuel. Je sais évidemment comme tout le monde que le texte aristotélicien commenté par Averroès n'est pas identique au texte grec édité par Ross (puisqu'il distingue trois âmes, dont deux âmes intellectives, soit, outre l'intellect patient (l'ardoise vide « capable de tout devenir », selon l'expression employée en de Anima, III, 5, 430 a 14-15), ensuite, un intellect agent individuel, puis, un deuxième intellect agent, « capable de tout produire » (ligne 15), qui est « le seul qui soit immortel et éternel » (ligne 23), mais ce dernier est identifié, par Averroès, à l'intellect divin, puisque c'est lui, l'intellect actif de Dieu, qui actualise les universaux dans l'intellect patient individuel). Conclusion : seul Dieu possède un intellect immortel, et la seule forme d'immortalité promise à l'être humain est la connaissance que produit l'actualisation des universaux, dans l'intellect patient, sous l'action de l'intellect divin agissant, non pas, comme écrit notre Commentateur (magnétique, pas Averroès), à la manière d'une cause efficiente, mais d'une cause formelle (encore que la ligne 12 de III, 5 peut autoriser la première interprétation). Dira-t-on que le texte dont disposait Averroès est fautif ? Qu'en sçavez-vous ? Pourquoi voulez-vous toujours à tout prix que le texte livré sans pollution soit celui transmis par ces Yvrognes byzantins, et pas celui qui l'est par de sains et abstinents scribes arabes ? Car, la condition de l'apparition de l'Islam, écrivait Nietzsche, c'est qu'il y ait des mecs !

oyseaulx | 03 h 08 | Rubrique : Réponses aux objections | Lu 586 fois

Article précédent | Article suivant
Répondre à cet article

Version  RSS 1.0   RSS 2.0 

:: design Palatin par laurent ::